Chapitre 3
Trois heures plus tard les entraîneurs déclarèrent que leur joueur avait dans l’ensemble bien joué, et les laissèrent rentrer chez eux. Le retour pour les deux jeunes adolescents se passa dans le calme absolu. Remarquant que Nobuo était sous la douche, Miwako pénétra dans cette chambre qui jadis était occupé par son frère, c’était la première fois depuis sa mort, qu’elle s’était aventurée à pénétrer dans la pièce, les souvenirs lui revenait ainsi que les larmes, elle se dirigea vers un recoin de la chambre et fondit en larme lorsqu’elle vit l’objet. La guitare de son frère était là posé contre le mur, elle essuya une de ses larmes, et s’agenouilla devant l’objet. Elle l’observa attentivement et de nombreux souvenirs lui revirent en mémoire, elle se revit un peu plus jeune, pénétrant dans cette pièce, admirant son grand frère qui jouait. Elle le revit se retourner en lui souriant, lui demanda ce qu’elle fessait ici. Elle se revit lui répondre par un sourire, en disant qu’elle adorait le voir jouer car il était très doué. Elle sourit à travers ses larmes, lorsqu’elle se rappela sa réaction à ce compliment inattendu, il avait un peu rougit et il lui avait proposé de lui apprendre en à jouer si elle le voulait. Elle sourit tristement et à travers ses larmes, murmura :
- Si tu savais comme tu me manques, Nii-san !
- La perte d’un proche est une épreuve dure à supporter, murmura une voix derrière elle qui l’a fit sortir de ses souvenirs.
Elle essuya ses larmes d’un revers de main et se leva en passant près du jeune homme qui la regardait tristement, alors qu’elle était sur le point de quitter la chambre, il lui adressa ceci :
- Miwako, tu ne devrais pas garder cette peine pour toi, tu devrais la faire partager à quelqu’un afin de te soulager ! Si jamais tu le souhaites je suis à ta disposition !
Elle fut étonnée par sa proposition et demanda :
- Pourquoi voudrais-tu me consoler ?
- J’ai toujours eu horreur qu’une jeune fille pleurer, et tu n’échappes pas à la règle ! Alors même si tu ne peux pas me sentir, saches que je serai là, si tu as besoin d’en parler !
Toujours tourné dos à lui, elle sortit de la chambre en laissant échapper un petit sourire mélancolique. Même si j’en parlée cela n’enlèvera jamais ce que je ressens au plus profond de moi, ce sentiment qui me fait si mal ne pourra jamais refermer cette blessure que j’ai ! Elle se rappela des paroles du jeune homme et se mit à penser que finalement elle avait peut être mal jugé ce garçon !
Le lendemain matin, fut le grand jour de la rentrée pour le jeune Hayashi qui après s’être vêtue de l’uniforme de son nouveau établissement descendit prendre son petit déjeuner. La mère de la jeune fille le félicita pour son allure et il s’assit à table, où il fut dix minutes plus tard rejoint par Miwako. Il ne put s’empêcher de trouver la jeune fille ravissante dans son uniforme, celle ci sentant le regard du jeune homme sur elle, rougit malgré elle et s’assit à table. Tout les deux ne s’adressèrent pas un mot, préférant se concentrer sur leur bol de café. Lorsqu’elle eut fini, elle se leva et prit son bentô, alors qu’elle se dirigeait vers la sortie, elle se retourna vers le jeune homme et lui demanda :
- Je t’attends, où tu assez grand pour aller au lycée tout seul ?
- Non, vas y je ne voudrais pas que tu arrives en retard par ma faute ! répondit il.
Elle acquiesça et sortit de la maison en lançant un « bonne journée ! », sa mère sourit et murmura :
- C’est super, on dirait qu’elle t’a finalement accepté !
- Vous pensez ? Demanda-t-il un peu étonné.
Elle lui sourit gentiment et répondit à sa question :
- Oui, sinon je ne pense pas qu’elle t’aurait demander si elle t’attendait !
Il sourit soulagé, il ne savait pas pourquoi mais il voulait en savoir plus sur la jeune fille, connaître les raisons de sa froideur car il n’était pas idiot, il savait qu’elle cachait au fond d’elle certaines blessures, mais quelles étaient-elles ? Cela il ne le savait pas, mais il était bien décidé à les découvrir très bientôt. Il se leva, remercia la mère de Miwako et prit son bentô avant de courir dans la rue, afin de rattraper la jeune fille. Il la rattrapa rapidement et reprit son souffle en lui disant qu’elle marchait rapidement, mais comme à son habitude elle répondit froidement :
- Je ne t’ai pas demandé de me rattraper, que je saches !
Il sourit malgré lui et murmura :
- Toujours égale à toi même, à ce que je constate !
Elle le regarda étonné et marmonna :
- Pourquoi aurais-je dû changer ?
Il sourit amicalement et répondit qu’il ne voulait absolument pas qu’elle change, et qu’elle lui plaisait tel qu’elle était ! Sous l’effet de la surprise, la jeune fille rougit violement et accéléra le pas afin de cacher sa rougeur. Elle se demanda s’il était fou, il ne voulait pas qu’elle change alors qu’elle était aussi froide qu’un iceberg, aussi cassante, aussi exécrable avec lui. Alors qu’elle essayait tant bien que mal de cacher sa gêne, elle sentit deux bras assez musclés passait autour de sa taille, surprise elle se retourna rapidement et souffla soulagée, lorsqu’elle vit que c’était Shin.
- Salut ma belle, sais tu que tu es magnifique, lorsque tu rougis ?
Face à la gêne, qu’elle ressentit, elle lui mit un coup de poing sur la tête, rouge comme une tomate tellement le sentiment de gêne et de colère l’habitait. Nobuo admira la scène et se demanda s’ils ne sortaient réellement pas ensemble, Shin et la jeune fille se disputait et il remarqua que le jeune homme était enchanté de voir son amie dans cette situation de colère. Lorsque la jeune fille eut assez de ses pitreries, elle reprit son chemin sans s’occuper des deux jeunes hommes. Nobuo détacha son regard de Miwako et aida Shin à se lever, alors que celui ci lui demandait ce qu’il lui avait dit pour la mettre dans un état pareil. Il démoralisa en se disant qu’il n’était peut être pas le seul responsable de l’état de nerf de la jeune fille et répondit :
- Elle m’a demandé si elle devait changer, et je lui ai juste répondu, que non, elle me plaisait telle qu’elle l’était !
- Tu le penses réellement !
- Bien sûr, elle est casse-pieds, mais je sais qu’il y a quelqu’un d’autre derrière cette façade dure !
Shin regarda attentivement le jeune homme et comprit que celui ci allait faire tout son possible pour découvrir la véritable facette de son amie. Il l’interpella d’ailleurs et arriva à sa hauteur avant de lui murmurait à l’oreille :
- Finalement ton colocataire, tu l’aimes bien, non ? J’en serai même jaloux !
- Eh ne te fais pas d’illusion, ce n’est pas ce que tu crois, de plus pourquoi serais-tu jaloux ? Murmura-t-elle à son tour.
La seule réponse qu’elle eut fut un bisou amical sur la joue avant qu’il ne lui souhaite une bonne journée, lorsqu’ils arrivèrent devant les grilles du lycée où il les laissa seuls. Miwako se retourna donc vers Nobuo et lui demanda dans quelle classe il se trouvait, découvrant ainsi qu’elle allait supportait le jeune homme même en cours pour son plus grand malheur. A peine eut-il franchi le pas de la porte, qu’une meute de jeune fille l’entoura comme des chattes en chaleurs. Paniqué, il supplia du regard Miwako afin qu’elle vienne à son aide, celle ci ayant pitié de lui se mit entre lui et les filles et dit :
- Eh arrêtez ! Vous allez lui faire peur !
Elles la regardèrent aussi froidement qu’un iceberg, et Miwako sue qu’elle aurait mieux fait de le laisser se débrouiller. Du groupement de jeune fille, une jeune fille qu’elle connaissait très bien sortit du lot et s’avança vers Miwako avant d’ajouter :
- Aurais-tu peur qu’on te le vole, Miwako ?
Elle la regarda étonné avant d’éclater de rire sous les regards stupéfaits des filles de la classe.
- Alors la pas du tout, je m’en fou royalement, mais je le plaindrai si jamais il sortait avec toi ! Répondit elle froidement.
Le regard de la jeune fille se fit haineux et elle ajouta :
- Je te rappelles que tu n’es pas si blanche toi non plus, Miwako ! Devrais-je raconter tes petits secrets à tout le monde ?
Cette fois ci fut le tour de Miwako d’être consumé par le monstre de la haine, alors qu’elle allait mettre une claque à la jeune fille, Yazuki lui bloqua le bras en lui disant que la jeune fille n’en valait pas la peine. Celle ci acquiesça et se détourna de la jeune fille, mais la colère étant toujours présente en elle, elle se retourna et avoua :
- Yuri, J’ai peux être des terribles secrets, mais moi, je n’ai pas couché avec le petit ami de ma meilleure amie, ou plutôt ex-meilleure amie !
Tout le monde regarda scandalisée les deux jeunes filles qui se fusillaient du regard, blessée toutes les deux dans leur fond intérieur mais le cachant admirablement bien, Yuri la gifla violement et s’enfuit de la classe. Des larmes coulèrent sur la joue de Miwako, qu’elle essuya avec rage et elle alla s’asseoir à son bureau comme si, rien ne venait de se dérouler. Nobuo l’observa et il était évident pour lui que ce n’était pas la douleur de la gifle qui l’avait fait pleurer, mais bien une douleur bien plus profonde. Tout au long de la journée, la jeune fille s’était renfermé sur elle même, cela inquiéta tellement le jeune homme qu’il ne put s’empêcher lors du retour de lui demander si elle se sentait bien. Celle ci lui avait répondu que oui tout allait bien mais il savait parfaitement qu’elle lui mentait mais il n’insista pas plus, et ce promit qu’un jour il connaîtrait la vraie raison de ses larmes.


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